Notre perspective

      • Les leçons du passé aident à préparer l’avenir

        22 déc. 2014

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        L’expérience acquise à Tacloban, aux Philippines, a été riche d’enseignements. Photo: PNUD aux Philippines

        Un vieux proverbe chinois dit que « si tu prévois pour un an, plante du riz ; si tu prévois pour dix ans, plante des arbres ; si tu prévois pour la vie, éduques la population. » Notre mandat nous enjoint depuis longtemps d’aider les pays à surmonter les catastrophes. Mais cet objectif est devenu prioritaire après le tsunami de 2004 dans l’Océan indien. Depuis, nous travaillons en étroite collaboration avec les gouvernements d’Asie et du Pacifique pour mieux protéger les communautés et lancer des alertes précoces aux populations à risque à l’approche d’une catastrophe naturelle. Ce type de soutien, d’échange, de formation et d’éducation n’est pas resté sans effet. Ainsi, dans le cas très récent du typhon Hagupit (Ruby), les préparatifs et la planification ont joué un rôle vital, semble-t-il, même si ce cyclone n’a pas été aussi puissant qu’Hayan. Ils ont permis de sauver des vies lorsque le typhon s’est abattu en plusieurs points de la côte est des Philippines. Nous avons ainsi pu constater au cours des dernières années que les pertes en vies humaines ont été moins nombreuses dans des régions où le bilan se montait auparavant à des milliers, voire des dizaines de milliers de morts. Mais il reste beaucoup à  Lire

      • Comment financer le programme de développement pour l’après-2015 ?

        19 déc. 2014

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        @ Benoit Almeras-Martino / PNUD en RD Congo

        Les Objectifs de développement durable (ODD) sont bien plus ambitieux que les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), qui les ont précédés. Outre les défis liés aux OMD tels que l’éradication de la pauvreté, ce nouveau cadre stratégique englobe des problématiques telles que le changement climatique, la paix et la sécurité. Dans cette perspective, nous aurons besoin de beaucoup plus de financements, qu'ils soient publics ou privés, nationaux ou internationaux. La source de ces financements reste néanmoins à définir. La plupart des pays reconnaissent la nécessité de mobiliser davantage de ressources nationales, et des progrès considérables ont été accomplis à ce niveau au cours des dix dernières années. Bon nombre d’entre eux soulignent toutefois que l'aide publique au développement (APD) continuera de jouer un rôle important pour l’après-2015. Les donateurs devront par conséquent honorer leurs engagements. Helen Clark, l’Administrateur du PNUD, a mis en exergue les 3 points suivants dans son discours à l’occasion de la première session de préparation de la conférence des Nations Unies sur le financement du développement qui aura lieu à Addis-Abeba en juillet 2015: 1) L’APD et les financements publics internationaux demeureront indispensables après 2015. Il est clair cependant que les coopérations internationales allant au-delà  Lire

      • La réponse à Ebola ne doit pas négliger les femmes | Randi Davis et Susana T. Fried

        15 déc. 2014

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        Reconnaître les effets dévastateurs de l’épidémie d’Ebola sur les femmes est un premier pas, mais il faut aller plus loin © 2014 Morgana Wingard

        Les leçons tirées de la lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose, trois maladies pour lesquelles les femmes paient un lourd tribut en Afrique subsaharienne, pourraient, si l’on en tient compte, contribuer à endiguer l’épidémie d’Ebola. Les femmes sont à l’évidence les premières à pâtir de la crise. Elles sont généralement plus exposées à la maladie, car c’est souvent à elles que revient la charge de soigner les malades de leur famille. Ce sont elles qui prodiguent les soins infirmiers, assurent les fonctions de guérisseur traditionnel, de femme de ménage et de blanchisseuse dans les dispensaires. Et ce sont encore les femmes qui ont la charge de préparer les corps pour les funérailles, autrement dit, celles qui lavent les cadavres encore porteurs du virus. Il y a peu de données fiables ventilées par sexe sur l’épidémie actuelle, mais certains rapports laissent à penser qu'Ebola a des effets particulièrement destructeurs pour les femmes. Les dispensaires étant saturés, les femmes enceintes n’ont plus accès aux services obstétriques courants et d'urgence. Avec la fermeture des frontières et les restrictions de déplacements, il est difficile pour les petits exploitants agricoles, essentiellement des femmes, d’aller vendre leurs produits sur les marchés communautaires. Et les  Lire

      • Un monde sans pauvreté est-il possible ? | Magdy Martínez-Solimán

        12 déc. 2014

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        Photo : Benoit Almeras / PNUD en RD Congo

        Nous savons tous que l’Objectif du Millénaire pour le développement visant à diminuer de moitié la proportion de ceux qui vivent avec moins de 1,25 dollar par jour a été atteint cinq ans avant la date boutoir de 2015. Mais quel contraste entre la Chine, le Brésil, l’Inde, le Mexique et certaines nations africaines à la prospérité croissante et le reste de l’Asie du Sud et de l’Afrique subsaharienne, dont près de la moitié de la population reste extrêmement pauvre ! Pourquoi près d’un milliard d’individus sont-ils restés à l’écart du processus ? Les raisons en sont multiples, mais deux d’entre elles réclament notre plus grande attention : l’exclusion et la vulnérabilité aux chocs. Les gens restent pauvres ou retombent dans la pauvreté à cause de conflits, de catastrophes naturelles ou de tout autre choc que les ménages et les communautés sont incapables de surmonter. Si nous n’intervenons pas, l’actuelle épidémie d’Ebola effacera les acquis de la paix et du développement pour une génération au moins. Nous pouvons y ajouter les nouveaux pauvres de l’Europe après la crise économique, ou le problème des personnes déplacées par les conflits. Leur nombre, tant pour les déplacés internes que pour les réfugiés ayant fui leur pays, a  Lire

      • Rompre la chaîne de la corruption : notre responsabilité à tous

        09 déc. 2014

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        En Inde, le PNUD et le Ministère de la justice sensibilisent plus de deux millions de personnes, les informant de leurs droits dans le but de permettre un accès équitable à la justice pour tous. Crédit photo: Shubhangi Singh / PNUD Inde

        La corruption est partout, l’ampleur et la complexité du problème, fait croire à certains que la situation est sans espoir. Pourtant, exiger des pouvoirs publics qu’ils soient plus ouverts, responsables et réceptifs aux demandes des citoyens, ce n’est pas un choix mais une responsabilité qui incombe à chacun de nous. Pour « rompre la chaîne de la corruption » et faire en sorte que ce combat devienne un mouvement mondial, le PNUD et l’ONUDC (Office des Nations Unies contre la drogue et le crime), lancent une campagne mondiale à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la corruption. Le message est simple : « Il est de la responsabilité de chacun de reprendre ce que des pratiques corrompues nous ont fait perdre. » Nos gouvernements et les organisations de la société civile, le secteur privé et les médias, le public et la jeunesse, doivent jouer un rôle pivot pour que cette demande soit satisfaite, afin de bâtir un avenir sur des fondations solides et honnêtes. Il y a de bonnes raisons pour que chacun se sente concerné par la lutte contre la corruption. Elle entrave la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Lorsqu’on détourne l’argent public à des fins privées, on consacre  Lire

      • Financement du changement climatique : l'Asie-Pacifique fait des efforts exemplaires

        05 déc. 2014

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        Les populations rurales au Bangladesh ont désormais les ressources et les capacités nécessaires pour reconstruire et faire face aux menaces environnementales. Crédit Photo : PNUD Bangladesh

        Une série de concertations des Nations Unies sur le changement climatique se déroule à Lima (Pérou) du 1er au 12 décembre. Cet événement d’une importance cruciale marque une étape importante en vue de la Conférence sur le climat prévue à Paris l’an prochain. Le financement de l’action climatique est au centre des rencontres de Lima dont le but est de parvenir à un nouvel accord à l'échelle mondiale. Les promesses de financement en faveur du Fonds vert pour le climat, émises lors du sommet organisé par le Secrétaire-général de l'ONU en septembre, frôlent les 10 milliards de dollars. Jusqu’ici, les pays d’Asie-Pacifique ont reçu un quart de l’ensemble des financements publics pour l’action climatique à l’échelle du globe. L’Inde et la Chine en sont les premiers bénéficiaires. Depuis 2003, dix-neuf fonds et initiatives dédiés à la lutte contre le changement climatique ont investi plus de 2 milliards de dollars dans des projets mis en œuvre dans la région. Avec une majorité de pays d’Asie-Pacifique en première ligne dans la lutte contre le changement climatique, le renforcement de la résilience des deltas et des petites îles, ainsi que la réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays en voie d'industrialisation rapide  Lire

      • Réduire les risques liés aux catastrophes climatiques passe par des efforts concertés

        01 déc. 2014

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        Un canal érodé dans la province de Jalal-Abad, Kirguistan. Photo: Kairatbek Murzakimov/UNDP

        Il n'est pas exagéré de dire que les catastrophes, naturelles ou technologiques, ignorent les frontières. Lorsqu'elles surviennent, inondations, tempêtes, dégradation de l'environnement et les conséquences des déchets industriels ou radiologiques n'affectent pas qu'un seul pays. Quoique nécessaires, les efforts nationaux et locaux pour y parer se révèlent simplement insuffisants ou inefficaces. La réalité, aussi gênante soit-elle parfois, c'est que les menaces régionales exigent une préparation et une réponse tout aussi régionales. La préparation des riverains d'un cours d'eau à un risque d'inondation ne doit pas s'arrêter aux frontières politiques d'un pays : il faut, en effet, intégrer et coordonner les actions au-delà des frontières en vue d'optimiser les résultats. L'Asie centrale a pris conscience de cette nécessité. De 1988 à 2007, elle a subi pas moins de 177 catastrophes, qui ont fait plus de 36 000 décès. Rien qu'en 2000, les sécheresses dans la région ont affecté au moins 3 millions de personnes et entraîné de lourdes pertes économiques. Avec la menace du changement climatique, l'avenir promet des phénomènes météorologiques encore plus ravageurs et fréquents. Tout aussi menaçant, mais heureusement plus rare, est le risque de catastrophes technologiques ou industrielles liées à la vétusté d'infrastructures essentielles comme les barrages, les réseaux d'irrigation et les mines d'uranium.  Lire

      • Une communauté rurale appelle à mettre fin aux MGF

        01 déc. 2014

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        Les communautés de Qena, les organisations internationales et la société civile unissent leurs forces pour mettre fin aux MGF en Égypte. Crédit photo : Jose Sanchez/PNUD Égypte

        Lors d'une récente visite au village de Beir Anbar, dans le district de Koft du gouvernorat Qena, j'ai entendu le message poignant que cette communauté a adressé au reste du pays pour l'inviter à mettre fin à la pratique des mutilations génitales féminines (MGF). Des jeunes écoliers aux anciens, tout le village a dénoncé d'une seule voix le caractère « violent », « injustifié » et « nocif » des MGF. Encore aujourd'hui, de nombreuses filles et jeunes femmes subissent des mutilations génitales au nom de la « tradition ». L'enquête démographique et sanitaire de 2008 indique qu'au moins 91 pour cent des Égyptiennes de 15 à 49 ans ont subi cette pratique. La population de Beir Anbar affirme sans détours que les filles et femmes égyptiennes méritent une nouvelle tradition, qui protège et sauvegarde leurs droits. Grâce aux efforts conjugués des familles, des activistes communautaires, des autorités, des agences de développement et de la presse, cette pratique traditionnelle nocive a commencé à disparaître. Disons-le sans équivoque : aucun argument moral, religieux, culturel, médical ou autre ne la justifie. L'excision rabaisse, déshumanise et blesse. C'est une violation des droits humain, à combattre activement jusqu’à son élimination. Lors de la rencontre organisée  Lire

      • Comment mettre fin à la violence contre les femmes et les filles

        25 nov. 2014

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        La violence à l’égard des femmes touche de manière disproportionnée les pays à faible et moyen revenus. Photo: PNUD / Pakistan

        Dans le monde, environ une femme sur trois est victime de violences de la part de son partenaire. La violence à l’égard des femmes touche de manière disproportionnée les pays à faible revenus, les régions pauvres de ces pays, et les groupes vulnérables tels que les migrants, les travailleurs du sexe, et les personnes vivant avec le VIH ou d’autres handicaps. Depuis le début de l’année, j’assume le rôle de Conseiller régional du PNUD en matière de violences à l’égard des femmes en Asie et dans le Pacifique. J’ai participé à de nombreuses conversations qui débouchent généralement toujours sur les mêmes questions : “Je n’arrive pas à croire que les taux de violence dans le monde soient encore si élevés, mais tout cela semble si compliqué et profondément ancré dans nos sociétés. Que pouvons-nous réellement faire pour réduire cette violence?” J'ai récemment contribué à la rédaction d’une série d’articles sur la violence contre les femmes et les filles dans le Lancet. Ce projet m’a donné la possibilité de débattre des difficultés dans ce domaine et d’échanger des idées avec des experts renommés. Les cinq articles qui résultent de cet effort présentent des méthodes et programmes qui portent leurs fruits pour prévenir  Lire

      • Promouvoir l’innovation pour relever les défis du développement

        24 nov. 2014

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        Photo PNUD Maldives

        Il est assez courant, dans le monde entier, d’entendre des citoyens se plaindre de leur gouvernement et de la manière avec laquelle ils négligent les petites choses du quotidien comme réparer les réverbères ou récolter les immondices. Mais comment faire pour inciter les pouvoirs publics à se montrer plus réactifs ? Aux Maldives, une petite île est en train de tester un nouveau concept pour établir un dialogue entre la municipalité et ses administrés. Il s’appelle « Fais-moi mon île » et s’inspire de deux idées. La première, c’est le site britannique Fix-My-Street, qui relie des communautés à leur conseil municipal par le biais de la technologie mobile et de l’internet. La deuxième vient d’une constatation : il y a plus de 600 000 abonnements à la téléphonie mobile aux Maldives, soit deux fois le nombre d’habitants. Notre objectif est de capitaliser là-dessus pour connecter insulaires et autorités municipales. Une application mobile et un site web permettent aux habitants de signaler eux-mêmes les problèmes municipaux au conseil insulaire. Par exemple, si un pêcheur aperçoit quelqu'un qui se débarrasse de détritus de manière illégale, il peut immédiatement envoyer un texto au conseil en précisant le lieu du délit. Sa plainte est enregistrée sur le site et  Lire