Les priorités de développement post- 2015 exprimées par les Béninois

30 juil. 2013

image Une femme issue d'une communauté marginalisée dans le nord Bénin. Photo: PNUD Benin

Le rapport des consultations nationales au Bénin sur l’agenda de développement post-2015 présenté ce jour  indique que les dix (10) principales priorités évoquées au cours des consultations font référence aux composantes de la sécurité humaine.

Il s’agit notamment de l’accès à un meilleur système de santé (61,5%); l’accès à une bonne éducation (57,7%)  ; l’accès à l’eau potable (55,9%) ; la promotion de la bonne gouvernance (51,6%) ; la sécurité alimentaire et nutritionnelle à travers l’accès à une alimentation saine nutritive et à prix abordable (47,5%); l’accès à de bonnes infrastructures de transport (45,9%), d’énergie et d’eau (42,1%) ; des opportunités d’emplois décents (36,1%); la protection contre le crime et la violence (31,7%) ; la lutte contre le changement climatique (31,2%)  et les libertés politiques (22,8%).

Faisant référence à la bonne gouvernance, le rapport montre que les populations associent les questions de corruption, des injustices, des inégalités et de l’insécurité humaine liée au manque de solidarité. Ces sujets sont identifiés parmi les principales raisons pour lesquelles certaines personnes ne vivent pas bien dans les communautés. Ainsi, l’intensification de l’exclusion sociale due à la mauvaise répartition des richesses du pays (l’enrichissement illicite d’une infime partie de la société) est signalée tout autant que les questions de sécurité juridique (les violences faites aux enfants et aux femmes).

L’incidence de la pauvreté au Bénin a augmenté ces dernières années en passant de 35,2% en 2009 à 36,2% en 2011. Cette augmentation s’est accompagnée d’un accroissement d’écart de revenu entre riches et pauvres. En effet, à l’unanimité, tous les groupes ont admis que l’écart entre les riches et les pauvres s’agrandit. Cette disparité est ressentie au niveau des communautés à la base qui l’expliquent par le manque de solidarité, l’augmentation du niveau de corruption et la répartition inéquitable des richesses au niveau national. Il s’avère nécessaire et impérieux que l’Etat prenne des mesures pour protéger les plus vulnérables, afin de réduire cet écart.

Les consultations nationales ont certes permis de faire émerger un certain nombre d’aspirations que les Béninoises et Béninois souhaitent inscrire dans le prochain Agenda international de développement.

« D’autres préoccupations, sous-jacentes, suggèrent que nous changions désormais notre approche de planification du développement pour relever certains défis spécifiques tels que : (a) l’accélération du rythme d’inclusion des questions transversales par le biais de diverses réformes et d’un leadership politique plus affirmé ; (b) l’accès au revenu d’un plus grand nombre par la promotion d’emplois décents dans les secteurs dont le potentiel est avéré pour le pays et (c) la concrétisation de l’approche du développement local conduit par les communautés elles-mêmes », a souligné le Ministre en charge du développement, Marcel A. de Souza dans l’avant-propos du rapport.

Les ateliers et/ou les fora de discussion ont touché un large public. Ils ont eu lieu dans 18 communes réparties dans tous les départements du Bénin, retenues sur la base de leur Indice de Développement Humain (IDH).pendant une période de deux mois  de mobilisation des parties prenantes sous le leadership du Gouvernement représenté par le MDAEP avec l’appui du Système des Nations Unies au Bénin.

Le rapport recommande que le futur cadre de développement tienne compte des spécificités des pays identifiés comme pauvres ou fragiles, accroisse la participation du secteur privé et prévoie un bon mécanisme de suivi-évaluation des progrès.

Quant à l’horizon temporel du futur cadre de développement, l’horizon 2040 apparaît comme celui qui emporte l’adhésion des Béninoises et Béninois pour l’atteinte des Objectifs de développement post-2015.

Enfin, le rapport insiste sur le partenariat public-privé, l’accompagnement de la communauté internationale pour la mobilisation des ressources indispensables à la mise en œuvre du nouveau programme, l’implication des ONG, des communautés, des collectivités locales et surtout la responsabilisation et la redevabilité des bénéficiaires des actions de développement.