Quelle place pour les infrastructures dans l’agenda de développement post-2015 ?

22 mai 2013

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Un atelier technique s’est penché le mardi 21 mai 2013 au Palais des Congrès de Cotonou sur la question des infrastructures dans l’agenda de développement post-2015. Organisé par le  Ministère en charge du développement, plus précisément la Direction Générale des Politiques de développement avec  l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), il a réuni les responsables et cadres techniques des secteurs de l’eau et assainissement, de l’énergie et des transports.

Les différentes communications et réflexions menées par les participants ont permis de faire le diagnostic dans chacun des secteurs précités, de montrer leur  impact sur la réalisation des objectifs du Millénaire pour le  développement (OMD) et de proposer des pistes devant alimenter les discussions au niveau mondial dans la définition des objectifs, des indicateurs et le financement de ces infrastructures de développement pour l’après 2015.

« Les infrastructures jouent dans l’économie deux rôles principaux. Elles fournissent des services essentiels, fondements non seulement de la réduction de la pauvreté (eau potable, électricité, mobilité), mais aussi de la capacité de l’individu à réaliser une activité productive », a souligné El Hadji Fall, Economiste Principal du PNUD.

Pour le Représentant de Fulbert Amoussouga Géro, Membre du Panel de Haut Niveau pour l’Agenda de Développement Post-2015, l’accès à un certain nombre de services notamment l’accès à l’eau  potable, à la santé, à  la communication (internet, téléphonie fixe et mobile), l’urbanisme et l’assainissement  (amélioration de la qualité de vie des populations)  reste tributaire à l’existence de services fiables d’infrastructure. Mais force est de constater que les infrastructures de transport ne sont pas aussi explicitement visibles dans  les OMD ; cependant leur importance dans la mobilité aussi bien des personnes (fréquenter les écoles, les hôpitaux, les marchés) et des biens en milieu urbain comme en milieu rural est évidente.

Les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ont constitué une opportunité pour le développement des infrastructures d’hydraulique et d’assainissement au Bénin, a fait observer Evariste Agli, ancien Directeur de la Programmation et de la Prospective du Ministère de l’Energie et de l’Eau, car plus de 112 milliards Fcfa ont été investis dans le secteur de l’eau et 10 milliards Fcfa dans l’assainissement. Cela a permis de réaliser sur la période 2002-2009 environ 10.600 points d’eau  sur  les 16.000 points d’eau attendus à l’horizon 2015 avec comme impact l’augmentation du taux d’accès à l’eau potable de 35% en 2002 et qui atteindrait  les  67,3% en 2015 si les efforts actuels sont maintenus. Au niveau du secteur de l’énergie, bien que le Bénin dispose d’importants atouts, qui peuvent permettre de rendre les produits énergétiques disponibles et à moindre coût pour les populations ainsi que les secteurs d’activités économiques, le taux d’accès des ménages à l’électricité demeure relativement faible particulièrement en zone rurale. « Il se situe en moyenne en 2012 à  28,2% au niveau national,  54,9% au niveau des centres urbains et  4,5% pour les zones rurales », a précisé Ganiou B. Sikirou, Statisticien Economiste, Spécialisé en Planification Energétique. « La principale contrainte à laquelle nous sommes confrontés dans le secteur, en particulier dans le sous-secteur de l’électricité, est relative à la mobilisation des financements surtout en ce qui concerne la réalisation des projets de construction de centrales électriques. », a-t-il affirmé.

 Le secteur des transports présenté par Gustave Sonon, Directeur de la Programmation et de la Prospective au Ministère du Transport, révèle que le réseau routier est de 6007 km, mais seulement 30% de routes sont bitumées, soit 2212 km. En ce qui concerne la densité routière, « au Bénin, moins de 1000 personnes ne se partagent pas plus d’un km de route aménagée », or il est avéré que les infrastructures de transport permettent d’améliorer le taux de fréquentation scolaire des enfants surtout en milieu rural, diminuent les coûts de transaction et participent aussi à l’amélioration de l’accès des populations aux centres de santé.Il a proposé que pour réduire efficacement la pauvreté, le développement des infrastructures routières doit être coordonné avec d’autres questions importantes telles que les politiques agricoles, industrielles, environnementales et commerciales.

En définitive, les participants ont reconnu la nécessité de formuler des objectifs bien distincts pour  les infrastructures d’eau et assainissement, d’énergie, de transports et des TIC parmi les nouveaux objectifs de développement après 2015 et de mettre l’accent au niveau des pays sur la mobilisation des ressources intérieures pour ne pas compromettre l’atteinte des objectifs fixés.

Quant à la définition des indicateurs pour ces infrastructures, il a été suggéré de considérer l’accès effectif des populations aux services,  au lieu d’une évaluation en terme monétaire.