Pour une meilleure conservation de la biodiversité du parc national de la Pendjari

30 mai 2013

image

Après un an de mise en œuvre du Projet d’Appui aux Parcs de l’Entente (PAPE),  une mission sur le terrain notamment à Tanguiéta, a permis de rencontrer et d’échanger avec les différents acteurs du projet notamment la Direction Nationale du Parc National de la Pendjari et les membres de l’Association Villageoise de Gestion des Ressources Fauniques (AVIGREF). L’équipe du PNUD a pu s’enquérir des avancées, mais aussi des difficultés liées à la mise en œuvre du projet.

D’une superficie de 500 000 ha, le parc national de la Pendjari constitue l’un des sites les plus importants pour la conservation de la biodiversité en Afrique de l’Ouest. On y trouve plus de 6000 espèces fauniques : des lions, guépards, antilopes, éléphants, phacochère, buffles, hippopotames, etc. et  environ 500 espèces d’oiseaux.

Il fait partie du complexe WAP (W-Arly-Pendjari) et partagé par plusieurs communes du Bénin: Tanguiéta, Matéri, Kérou, Toucountouna,Cobly et Kouandé.  Les réserves du parc sont exposées à plusieurs menaces: la transhumance non contrôlée (qui exerce surtout en saison sèche de fortes pressions sur le fourrage et les ressources en eau), le braconnage, les feux de brousse non contrôlés, l’abattage des arbres, etc.

Malgré ces pressions négatives, le complexe WAP demeure à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest un ensemble écologique de premier plan, constituant le principal espace d’écosystèmes soudaniens encore en bon état de conservation, surtout à cause du système de gestion et de conservation mis en place.

C’est pour contribuer à la préservation et au développement des ressources naturelles floristiques et fauniques des réserves transfrontalières du complexe régional WAP, que le PAPE a vu le jour. La composante 2 du projet, mise en œuvre par le PNUD, vise la gestion coordonnée des aires protégées du complexe WAP et de leurs ressources animales et végétales de façon plus efficace et viable au niveau des institutions nationales.

Le PAPE est géré par le Centre National de Gestion des Réserves de Faunes (CENAGREF), placé sous tutelle du Ministère en charge de l’Environnement. Ce projet appuie donc le parc national de la Pendjari et celui du W, situé dans le département de l’Alibori

D’une durée de 30 mois et d’’un cout global de 8 002 218 US$ (soit une contribution de 7 552 218 US$ de Union Européenne et 450.000 US $ du PNUD), il a démarré ses activités de manière opérationnelle en 2012. A ce jour, quelques activités ont été réalisées à savoir l’appui au verdissement des plans de développement communal, la réalisation des études de faisabilité, la révision en cours du plan d’aménagement et de gestion du parc national de la Pendjari, la réalisation d’infrastructures socio-sanitaires notamment des toilettes sèches (appelées toilettes ECOSAN) au niveau des mares Bali, Yangouali et de la mare sacrée. Ces toilettes réceptionnées au cours de la visite de terrain permettront aux touristes de satisfaire leurs besoins et de limiter la pollution du parc par les excréta et les urines.

L’actualisation du plan d’aménagement participatif et de gestion de la réserve de biosphère de la Pendjari est d’une importance capitale, d’autant plus qu’il est l’un des outils fondamentaux de gestion du parc.

L’un des résultats importants attendus du PAPE est le renforcement des capacités des acteurs pour une gestion coordonnée plus efficace et viable au niveau des institutions nationales des aires protégées du complexe WAP et de leurs ressources animales et végétales. Plusieurs acteurs participent à la gestion et à la conservation du parc national de la Pendjari. Il s’agit de la direction Nationale du Parc National de la Pendjari, de  l’AVIGREF, des  communes riveraines du parc et des Organisations de la Société Civile. Le rôle de chaque acteur est régi par des conventions. Le PAPE envisage de les réviser, en vue d’assurer une gestion plus efficace et synergique du parc.

« Le PAPE a mis en place un système de suivi permanent, un cadre de discussion entre les acteurs, les conservateurs de bloc.  Au cours des réunions de bloc, des sujets importants sont discutés comme la transhumance, la lutte contre le braconnage», a souligné Monsieur Méryas Kouton, Directeur National du Parc de la Pendjari.

Un système de surveillance du parc est assuré par des eco gardes  et forestiers avec une occupation permanente des espaces protégés. La surveillance et le suivi écologique des animaux nécessitent des équipements et matériels (des GPS, des boussoles, des stations relais de communication, etc.), que le PAPE devra mettre à la disposition de la direction du parc national.

La gestion participative des activités et la communication entre les différents acteurs du projet demeurent des aspects importants à renforcer au niveau de l’Unité d’appui à la gestion du projet PAPE et du CENAGREF pour une réussite des objectifs dudit projet.